05 novembre 2008
#7 Chroniques : Un livre, ou beaucoup plus
mardi 4 novembre 2008
Je suis perdue. Je crois que c’est ce livre qui me perturbe. Une vie heureuse. On cherche. J’ai l’impression d’être Marie. Et que Diane n’est pas loin. Pourtant, mon cœur n’a pas de visage à l’intérieur. Au début, je ne pensais pas parvenir à le lire. J’ai eu peur. C’était flou. C’était saccadé. J’aime les phrases courtes. J’adore même. Mais là, c’était saccadé. Dès le début du livre. Et puis, ces personnages, je ne comprenais pas qui ils étaient. Finalement, je me suis laissée emporter et aujourd’hui je suis perdue. Parce qu’à travers les lignes je cherche à y lire ma propre histoire. Et il y a tellement de choses auxquelles je pense que je finis par avoir peur. Et comment un récit qui n'a que peu de ressemblance avec votre vie peut vous perturber.
Il fait beau dehors. Il est allongé sur un lit, il attend. Elle est près de lui, elle attend. Elle veut rester avec lui. C’est beau. Elle ne veut pas aller au mariage de son fils. Je suis en colère.
Une vie heureuse, Nina Bouraoui.
03 novembre 2008
#6 Chroniques : Sans regret, la pluie
Le trajet en train est allé très vite hier. La réservation était pour une place selon disponibilités. Je me suis installée sur un siège rabattable, le dernier, à côté de la porte. Certains étaient debout et j’ose espérer qu’ils n’ont pas fait le trajet ainsi jusqu’à Paris. Mais je crois que si. J’ai écouté Jamie Lidell et j’ai terminé la correction des fautes d’orthographe de mon mémoire. J’ai observé les gens. Cette fille avec son petit air hautain lorsqu’elle est venue chercher sa valise. Refusant l’aide d’un gars serviable et peut être effrayé à l’idée qu’elle bouge ses sacs sans faire attention. Il est resté debout pendant une heure. Il écoutait de la musique et lisait un livre. Un vieux livre. J’étais trop loin pour savoir lequel. Lucie avait son nom inscrit sur une étiquette accrochée à sa valise. Assise en face de moi, elle a regardé une vidéo pendant la durée du voyage, parfois interrompue par son téléphone pour un appel ou un texto. Ses cheveux longs lui tombaient sur le côté droit du visage, on ne la voyait pas beaucoup. C’est lorsqu’elle tournait la tête que l’on pouvait alors apercevoir son visage telle une poupée. Une autre fille se faisait très discrète en écoutant de la musique. Et le quatrième passager à siège rabattable lisait et construisait des origamis.
Durant le trajet, je me suis souvenue d’un passage dans « La vie heureuse » (N. Bouraoui). De cette coïncidence parfois où vous en venez à penser à certains films ou certaines musiques et lorsque vous reprenez votre roman, son titre apparaît au milieu de la page. J’ai toujours trouvé ça assez fascinant. Comme si le choix du livre n’était pas anodin. Comme s’il y avait des murmures entre les lignes qui vous incitent à penser exactement à ce qui n’a pas encore été dit. A ce qui n’a pas encore été lu.
On ne se lève jamais tôt pour rien. Il y a toujours quelque chose à faire. Une bonne raison. Même s’il pleut dehors. Même s’il fait gris. Il va falloir affronter l’hiver qui s’annonce. Se préparer avec le sourire.
Aujourd’hui, ça a été une belle journée malgré la pluie. Les transports ont été agréables, comme pour compenser la semaine passée. Il y a des jours avec et des jours sans. Des sourires, une personne qui vous laisse passer pour que vous puissiez entrer ou vous asseoir. Un simple pardon et de gentils bonjours. Des au revoir, bonne journée aussi.
Simples échanges.
La pluie, mais pas de regrets.
31 octobre 2008
# Dessins à l'aveugle (2)
De nouveaux croquis réalisés à l'aveugle c'est à dire sans regarder la feuille où l'on dessine (voir les précédents). Le récit et l'élaboration du roman graphique sont en cours. A suivre...
La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie. Milan Kundera (écrivain français)
La meilleure façon de prédire l'avenir, c'est de le créer. Peter Drucker (théoricien américain)
29 octobre 2008
#5 Triste journée
Heureusement qu'il y a eu ce fameux mail, ça aide à faire face à certaines situations. Une belle rencontre remplace tous les mauvais évènements. (Merci encore à toi)
Samedi 25 octobre
Il n’y a pas de nous dans ce monde aujourd’hui. Beaucoup vivent pour eux-mêmes, ne se préoccupent pas de leur voisin. Non sans avoir une relation particulière, la moindre des choses est d’avoir un minimum de respect. A l’étage au dessus, elle n’en a aucun pour nous. Et hier, je me suis engueulée avec un homme dans le train. Je lui démontrais une logique évidente mais il n’a trouvé qu’à m’insulter pour essayer d’en ressortir avec fierté. Même si les passagers font semblant de ne pas avoir entendu, tout le monde assiste, tout le monde regarde. J’ai préféré clore la conversation plutôt que d’en arriver à prononcer des mots qui ne seraient pas de moi dans d’autres circonstances. La colère a mis du temps à redescendre. Elle se transforme souvent en larmes de tristesse. La déception d’observer la masse de gens aujourd’hui. Pourtant, je crois toujours en l’autre, mais certaines rencontres tentent de vous démontrer que vous ne devriez pas, parfois. Dans les transports, dire bonjour aux chauffeurs, sourire, dire au revoir aux vendeurs des magasins, laisser sa place à une personne âgée. Mais parfois, la situation est contre vous. « Bonjour » dis-je. « Non », réplique le chauffeur. Je m’en suis sentie atteinte. C’est con. C’est bête. Mais c’est la simplicité même. Et puis, proposer gentiment une place à une vieille dame qui vous rétorque qu’elle « n’est pas si vieille, elle peut rester debout » (!). Un autre jour, alors que vous êtes appuyé sur un siège rabattable, une personne vient vous voir et lance « je veux m’asseoir » ou bien elle vous pousse pour pouvoir passer. Où est la gentillesse ? Où est le respect ? Il y a de ces jours où j’en doute, où je suis en colère, où je suis triste car déçue. Mais pourtant, on ne me fera pas croire qu’il n’y a plus d’humanité sur cette planète. Suffit parfois de savoir la trouver. Même si c’est dur. Je refuse d’en arriver à détester les gens. Je refuse d’arrêter de respecter l’autre. Je veux continuer à croire en nous. Si l’on pouvait seulement s’aider au quotidien, on changerait tellement nos vies.
25 octobre 2008
#4 - Vous avez un message
Mardi, j’ai été bouleversé par un mail. Elle m’a ouvert une porte. Elle m’a dit pleins de mots si doux et si merveilleux que j’en avais les yeux humides à la lecture. Si à ce moment là, j’avais eu de la musique de circonstance, je me serais certainement mise à pleurer. A n’en pas douter. Je me suis retenue. Je la remercie infiniment pour toutes les merveilles réunies dans ses mots. Merci.
22 octobre 2008
# Recherches graphiques BIS
A la fin du mois d'août, j'avais publié des morceaux d'affiches réalisées pour un appel à projet lancé par le festival aquitain Garorock. Maintenant que les résultats ont été publiés, je peux donc montrer ici les deux versions dans leur intégralité. Elles n'ont pas été retenues, vous pouvez dès à présent voir l'affiche sélectionné sur le site officiel.
21 octobre 2008
# A l'aveugle
© MR
Dessiner à l'aveugle. A l'université, on nous fait dessiner, mais en 5ème année c'est une nouvelle expérience, on dessine sans regarder notre feuille. Fixer l'image que l'on veut reproduire et ne pas lever le crayon jusqu'à obtenir un dessin détaillé. Déformé, certes, mais sûrement plus vivant que certains dessins habituels.
En tout cas, je commence à aimer mon dessin, moi qui ne saurait vous portraiturer en temps normal, j'aime l'idée que mon regard et ma main se détache pour mieux rendre une réalité. De ces croquis va naître une narration, un texte qui fera évoluer une pratique déjà établie (que ce soit en sculpture, peinture, dessin, vidéo, installation, photo...).
19 octobre 2008
#3 L'étudiante en week end
Parfois dans la rue il y a cette sensation que quelqu’un nous appelle. Les pas dans le gravier, on entend mal. On attend. On finit par se retourner. Ce n’était alors qu’une femme qui téléphonait.
Comme une déception, j'aurais aimé trouver quelqu'un, mais sur cette place, ça n'aurait été qu'un visage que je préfèrerais fuir. Sans doute. A la bibliothèque, je réfléchis. Je veux quelque chose de violent. Qui bouscule. Un livre qui me bouleverse. Encore. Ce que c'est difficile de passer après un bon livre. Il y a cette peur évidente des prochaines lignes. Et puis surtout, j'hésite. J'ai des tas d'autres lectures qui m'attendent. Et puis je me lance, ce sera Nina Bouraoui.
Pendant que l'eau coulait dans la douche, je repensais au cours de danse. A ce plaisir infini qui ne peut se remplacer. Celui que je n'ai jamais su poser par des mots. Ca n'a pas toujours été comme ça. Il a fallu du temps pour en arriver là, et ça me fait sourire longuement. Le lendemain, je ne suis jamais aussi consciente que le corps possède des muscles. Alors, je me réfugie sur le canapé et je visionne Gossip Girl, parce que les séries télés ça fait plaisir aussi. Et je reviens sur l'ordinateur pour réfléchir la mise en page d'un site internet d'entreprise. Un défi lancé. La semaine m'attend, entre cours sur le cinéma et le théâtre (qui est l'artiste ?) puis arts plastiques où l'on revient au dessin, abandonné depuis l'année dernière.
Ma valise à préparer, mon train demain matin.
16 octobre 2008
# Anne Sophie Brasme, "Respire"
"Il est des heures où, depuis la nuit, glisse une ombre froide et incolore. Elle se laisse couler tout le long du couloir central, avant de se faufiler sous les portes en ferrailles jusqu'à ce petit espace restreint encerclé par les murs des cellules. (...)"
C'est un livre perturbant comme de ceux que l'on croise rarement. Comment une obsession peut prendre possession de nous. Impressionnant.
"Aujourd'hui derrière ces murs, des images, comme des photos ratées sur lesquelles les mouvements apparaissent estompés, éclatent en morceaux dans ma mémoire."
C'est l'histoire d'une enfance difficile, d'une solitude. C'est l'histoire d'une obsession. Quelque chose s'empare de votre corps et agit à votre place.
Ce n'est qu'après que vous pouvez respirer.
"Alors, j'ai choisi d'écrire. (...) Parler par pudeur, par violence, par colère, par douleur aussi."
Je l'ai dévoré en une journée. Pas plus.
13 octobre 2008
#2 Chroniques d'une étudiante : Lundi 13 octobre
L'étudiante est grognon lorsqu'elle a faim.
L'étudiante n'aime pas dépenser trop d'argent au supermarché.
L'étudiante n'aime pas être ronchon, ça l'énerve encore plus.
L'étudiante passe de la mauvaise à la bonne humeur en quelques secondes parfois.
Et elle ne sait pas toujours pourquoi.
L'automne.
Les couleurs des arbres.
Faire craquer les feuilles mortes sur le sol.
Sourire.
Musique : Jamie Lidell, Another Day









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