19 avril 2008

[Sentir le printemps...]

polaroid

*image personnelle*

Le soleil illumine le paysage et je soupçonne l’écriture. Le ciel est si bleu que l’on pourrait s’y noyer. J’aimerais m’y perdre pour oublier un instant. Profiter juste. Mais je n’ai pas le temps. Il y a comme un goût piquant à poursuivre les heures, entre sourire et inquiétude. Les jours passent et ne se ressemble pas. J’ai acheté un polaroïd il y a quelques semaines. Avant que tous les films ne disparaissent. Je stocke les recharges. J’essaye de faire une photo par jour, avec n’importe quel appareil, mais la pluie a souvent raison de nous et ils restent à l’abri. Alors je travaille sur le mémoire. Corriger les textes du premier semestre, lire les dizaines de photocopies, les ouvrages, les définitions de dictionnaires. Puis écrire. J’en avais oublié de me poser sur les mots et de me demander où je vais.

Peut-être est ce la certitude de savoir au fond que je fonce tête en avant vers les rêves. Ces rêveries qui font naître des larmes au coin des yeux lorsque vous en parlez avec l’une de vos amies. On ne rencontre pas toujours les personnes qu’il faut. Quand on les a trouvé on ne cesse de se répéter que rien ne pourra nous séparer. Et on y croit. Dur comme fer.
Les princesses emmêlent leurs cheveux et ne déferont plus leurs nœuds. Peut-être que parfois ça fait mal. Mais les erreurs, les difficultés font souvent avancer. Alors on se serre dans les bras, les yeux humides et on sourit tellement fort. Les étoiles brillent au fond des yeux. C’est comme un amoureux mais c’est pas un garçon. Ça pourrait mais on l’a pas encore trouvé.

J’emporte toujours un carnet partout, mais j’ai oublié ce que l’on ressentait à noter les petites joies du quotidien. Le temps m’en a fait perdre le crayon et la tête. J’aimerais. Pourtant.

En attendant le train hier, je me suis mise à griffonner. Mlle Mö renaît un peu. Elle a envie de changer, je crois.

Il faut vraiment que je me lance, que je dessine, que je mette mon cœur sur la feuille, et ma rage et mon envie et ma motivation. Pas seulement pour le concours de l’ENSAD. Pour moi aussi. Et puis Arles. L’écrit puis les résultats cinq jours après. Convocation pour l’oral à 9h. Aaaaahhh. Frissons. La veille déjà, au concert des CocoRosie, les frissons qui parcourent le dos. Etudier dans une école de photo. Aaaaahhh. Frissons.

J’ai soufflé pendant quelques jours en prenant un peu de recul. Me dire que si ça ne marche pas, c’est pas grave, on continue, j’avance. Et puis ces jours ci, à deux semaines de l’oral, l’envie d’étudier. Envie d’être là bas. Même si c’est une petite ville, même si je ne sais pas comment sera la vie. Même si je les aime et je ne veux pas les quitter. Même si.

Il y a tous les projets. Et cette rage au fond de l’estomac qui me dit que la vie change, que l’on verra bien où elle nous mène, qu’importe si on y croit.

Et ce futur loft à plusieurs. La faute à la magnifique exposition de Maïko Hatano à la galerie À suivre…lieu d’art. Ces photographies. Et. Ce lieu. On en avait presque le souffle coupé. Immense. Vieux bâtiments. Modernité. Escalier gris, marches roses clair. La verrière en haut, sur toute la profondeur.

Le souffle coupé. Alors.

On montera des ateliers, une galerie, on vendra des disques, des livres et des vêtements, on servira à boire, on accueillera les gens. On dansera, on fera ce qui nous plaît, on fera des créations. Des illustrations, du graphisme, de la peinture, des photos, des livres, des pochettes de disques, des vêtements. Et on vivra dedans, chacune notre famille, peut-être. On sera ensemble. L’avenir est entre nous. Nos cheveux sont emmêlés et on se tient par la main. On ne se quittera pas, même à 600 km. On trouvera. On se refusera de dire loin des yeux loin du cœur. C’est interdit, c’est impossible. Même si toutes les raisons du monde, on sera toujours emmêlé.

J’ai envoyé des CV pour cet été, il va me falloir gagner un peu d’argent. Les billets de train sont réservés. La chambre d’hôtel aussi. Les cours de danse reprennent un peu, on révise, on met en place le spectacle. Bientôt une exposition d’œuvres d’art à l’université, un vernissage, des heures de gardiennage à faire. Les expositions par-ci, la recherche d’inspiration par là. Manger les sourires, manger le soleil. Qu'est ce que je les aime ces princesses.
La sensation d’être bien.

Posté par Mayaillustration à 11:19 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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Commentaires sur [Sentir le printemps...]

    Nous le savons tu le sais je le sais, rien ne nous séparera-sauf la Chose qui met fin à la vie-c'est comme ça. On s'est trouvées, après souffrances et difficultés: ce ne sont pas des kilomètres de distance qui mettront fin à ça!
    Et puis moi d'abord j'aime bien les noeuds dans les cheveux.
    pecks*_*

    Posté par UneDesPrincesses, 19 avril 2008 à 12:08 | | Répondre
  • Une note pleine de joie de vivre, comme je les aime. Tiens-moi au courant lorsque tu auras le résultat pour l'école =) Je croise les doigts pour toi.
    Allez allez, dessine, mets en ligne, n'hésite pas !
    Bisous

    Posté par 0ops, 19 avril 2008 à 16:00 | | Répondre
  • Je (re)découvre ton chez toi avec beaucoup de plaisir. C'est doux...

    Posté par mazurka, 19 avril 2008 à 19:28 | | Répondre
  • "Il y a tous les projets. Et cette rage au fond de l’estomac qui me dit que la vie change, que l’on verra bien où elle nous mène, qu’importe si on y croit."

    Exactement
    C'est toujours beau chez toi.

    Posté par Mélie, 22 avril 2008 à 10:25 | | Répondre
  • un coucou de la fée

    Une pour toute, toute pour une!!!!on est comme les cinq doigts d'une main, (bon sauf qu'on est trois)!mais on ne peut pas se perdre de vu! c'est un peu comme comme briser le fer à main nue, déplacer des montagnes, it's impossible!!!!

    Posté par cerise, 26 avril 2008 à 11:40 | | Répondre
  • Elle se sent dans tes mots la rage que tu as au creux du ventre. Ce sont des mots forts et enjoués et puissants et tu y crois, ou pas, mais comme tu l'as dit et comme Mélie l'a cité : "qu'importe" !
    Bonne chance pour tes examens !

    Posté par absolution, 28 avril 2008 à 11:32 | | Répondre
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